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Le Salon de l'Agriculture 2024
"On ne peut pas faire un Salon de l'Agriculture normal comme s'il n'y avait rien eu ces dernières semaines et que tout se passait bien", a prévenu, mardi 20 février dans "Bonjour ! La Matinale TF1", Arnaud Gaillot, président du syndicat Jeunes Agriculteurs. La 60e édition du Salon, qui s’ouvrira ce samedi matin dans un contexte de forte grogne paysanne, sera donc surveillé comme le lait sur le feu, pour garantir la sécurité des visiteurs en cas de perturbations extrêmes.
Près de 2.000 agriculteurs sont d’ores et déjà attendus pour manifester devant les portes du Parc des Expositions de Paris. Certains ont même prévu d’y camper et de veiller toute la nuit de vendredi à samedi, jusqu’à l’ouverture au public et l’arrivée d’Emmanuel Macron, à 8h. "On aura peu de confort, mais on aura nos sacs de couchage pour un peu de chaleur", confie à TF1, dans la vidéo en tête de cet article, Thierry Desforges, céréalier, producteur de légumes secs et betteravier à Itteville (Essonne), bien décidé à profiter de l’évènement pour faire entendre les revendications de la profession.
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Craignant des débordements jusque dans les allées du Salon, qui pourraient cibler le chef de l’État, le Premier ministre Gabriel Attal ou le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau, les organisateurs ont tenu à renforcer le dispositif de sécurité cette année. "La police nationale va sécuriser les abords. Les collèges seront prêts pour faire face à tous les risques qu’il pourrait y avoir", assure, à notre micro, Benoît Barret, conseiller spécial du syndicat Alliance.
À l’entrée, tous les visiteurs (600.000 personnes sont une nouvelle fois attendues) seront désormais obligatoirement fouillés (les fouilles étaient seulement aléatoires ces dernières années), ce qui devrait allonger les files d’attente. "On a augmenté de 30% le nombre habituel d’agents de sécurité sur le Salon, avec une vidéosurveillance évidemment très active, on a des moyens de réagir s’il y a le moindre problème", promet Arnaud Lemoine, directeur du Ceneca (Centre national des expositions et concours agricoles), propriétaire du Salon de l’agriculture.
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Selon nos informations, deux points seront particulièrement scrutés : le hall 4, où sont installés les stands du ministère de l’Agriculture et de l’Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), mais surtout le hall 1, le plus visité, qui accueille les éleveurs, mais aussi des exposants ciblés par certains agriculteurs, comme les supermarchés Lidl ou le géant laitier Lactalis. Ce dernier nous a indiqué, jeudi soir, avoir lui-même renforcé la sécurité de son stand.
Un lieu à haut risque, car c’est dans ce pavillon 1 que se tiendra, durant au moins deux heures, le "grand débat" auquel doit prendre part samedi matin le président de la République, avec des centaines d’invités, dont des acteurs de la grande distribution et de l’industrie agroalimentaire. C’est aussi là qu’Emmanuel Macron terminera sa visite par sa traditionnelle déambulation qui, l’an dernier, avait duré près de 13 heures.
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D’après une note du Renseignement citée par Europe 1, plusieurs représentants syndicaux envisagent de "prendre à partie" le chef de l’État, "notamment au titre de son volet européen pour le secteur agricole". Certains éleveurs bovins prévoient de retirer leurs animaux lors de sa déambulation dans les allées du Salon "afin d’illustrer la politique de la chaise vide et l’abandon depuis trente ans de l’élevage". Les Jeunes Agriculteurs ont, eux, demandé à leurs militants de refuser les femmes et hommes politiques qui viendraient à leur stand. Enfin, les policiers redoutent l'action médiatique de plusieurs centaines d’agriculteurs laitiers français, belges, suisses et même luxembourgeois, "avec des vaches en plastique aux couleurs de l’Europe".
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